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CLINIQUEMENT VÔTRE

CLINIQUEMENT VÔTRE

Avortement spontané durant le PREMIER trimestre de grossesse

La perte d'un enfant en cours de grossesse est un évènement très traumatique (Rando, 1985; Rogers et al, 2008). De nombreuses études ont été menées auprès de couples ayant vécu des pertes périnatales avancées, c'est-à-dire lorsque l'enfant décède au-delà de 20 semaines de grossesse (Gerber-Epstein, Leichtentritt & Benyamini, 2009; Murphy & Merell, 2009). Dans ces situations, les femmes devaient être hospitalisées et recevaient des soins médicaux particuliers. Considérant qu'une grossesse sur cinq se termine avant terme (Everett, 1997) et que près de 80 % de ces pertes surviennent avant la fin du premier trimestre de grossesse (Tang & Ho, 2006; Huancahuari, 2012), il est crucial de se pencher davantage sur l'expérience de ces femmes.

Le CHU Sainte-Justine est le plus grand centre Mère-Enfant au Canada (CHU Sainte-Justine, 2011). Notamment connu pour sa mission pédiatrique, le CHUSJ offre également des soins de pointe à de nombreuses femmes en provenance de partout au Québec. Le CHUSJ est reconnu comme un centre tertiaire de soins pour les femmes présentant des grossesses à risques élevés. En plus de l'unité des naissances, les patientes ont accès à une clinique gynéco-obstétricale sans rendez-vous (urgence gynécologique) 24 heures sur 24. En 2012, plus de 4 000 femmes se sont présentées à l'urgence gynécologique, pour un total de près de 7 500 consultations (CHU Sainte-Justine, 2013).

Chaque année, plus de 560 femmes consultent à l'urgence gynécologique du CHUSJ pour un avortement spontané au premier trimestre de grossesse (CHU Sainte-Justine, 2013). Il s'agit de la raison de visite la plus fréquente. La majorité de ces femmes ne seront pas hospitalisées et retourneront à la maison à la suite du diagnostic, pour avorter à leur domicile. Elles seront revues la semaine suivante pour un contrôle échographique ainsi que différents prélèvements sanguins. Comme infirmière, les soins que nous offrons à ces femmes peuvent avoir un impact important dans leur expérience de santé. De plus, ce passage à l'urgence gynécologique représente souvent le seul contact qu'ont ces femmes avec le milieu hospitalier pour cette expérience de grossesse. Puisque leur passage à l'urgence est très court, les intervenants mettent l'accent sur les complications physiques possibles, mais il sera rarement question des impacts psychologiques de cette perte, puisqu'elle est considérée comme banale et courante (Tang & Ho, 2006).

Cette étude a pour but d'explorer l'expérience des femmes qui consultent à l'urgence gynécologique pour un avortement spontané sans prise en charge chirurgicale. Il s'agit d'une étude de type qualitatif pour laquelle un devis phénoménologique sera utilisé. Des entrevues semi-structurées d'une durée moyenne de 90 minutes seront réalisées auprès des participantes. Chaque participante fera l'objet d'une seule entrevue (Loiselle, 2007). Le recrutement se fera par l'intermédiaire de la clinique de suivi échographique vers laquelle les femmes seront dirigées une semaine après leur avortement spontané. L'échantillon souhaité est de sept participantes, que l'on rencontrera à leur domicile, ou ailleurs, selon leur convenance, à une seule reprise. Étant donné le caractère intime et émotif de l'expérience vécue par ces femmes, il a été jugé non nécessaire de les rencontrer plus d'une fois. L'étudiante-chercheuse souhaite éviter aux participantes de revivre cette expérience à plusieurs reprises. Une liste de ressources psychologiques sera remise aux participantes à la fin de l'entrevue. Les entretiens seront enregistrés pour ensuite être analysés selon la méthode phénoménologique de Giorgi (1970).

Nous en sommes actuellement à la phase de recrutement de l'étude, c'est pourquoi aucun résultat n'est présenté dans cet article. Toutefois, une fois l'analyse terminée, les résultats seront diffusés par différents moyens, notamment par le biais du cyberjournal. Les résultats obtenus pourront apporter plus de connaissances sur l'expérience de ces femmes et augmenter la sensibilisation du personnel infirmier et même médical quant aux perceptions et ressentis des patientes. Également, les données recueillies permettront d'améliorer la qualité des soins offerts à la clientèle qui consulte pour un avortement spontané.

Je vous invite à rester à l'affût des prochains numéros du cyberjournal, si vous souhaitez en connaître davantage sur cette problématique de santé vécue par de nombreuses femmes. De plus, si vous souhaitez avoir plus de précisions sur ce projet de recherche, n'hésitez pas à communiquer avec moi, c'est avec plaisir que je vous répondrai.

Joanie Belleau, inf., B. Sc., étudiante à la maîtrise Sciences infirmières

» Références de l'article (PDF)

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