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TENDANCES INFIRMIÈRES

TENDANCES INFIRMIÈRES

Émilie Bouchard, inf., M. Sc.
Conseillère-cadre au développement des pratiques professionnelles
Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) de la Montérégie-Ouest

La prescription infirmière : une pratique bien ancrée en Montérégie

Depuis janvier 2016, beaucoup de chemin a été parcouru afin d’implanter la pratique de prescription chez les infirmières et infirmiers de la province. Plusieurs défis ont dû être relevés au moment de sa mise en œuvre, mais le plus important a été celui concernant sa diffusion. En effet, la communication du dossier de la prescription infirmière a été complexe en raison des divers types de démarches selon la pratique et le niveau universitaire, des différentes formations associées et de l’aspect «nouveauté» de toute nouvelle pratique. Malgré les obstacles, 3 ans plus tard, plus de 700 infirmières et infirmiers en Montérégie ont entrepris des démarches pour obtenir leur droit de prescrire. Ce personnel infirmier, majoritairement en soins de proximité, prescrit chaque jour certains médicaments ou analyses de laboratoire pour des situations cliniques spécifiques dans les domaines de soins de plaies, de santé publique et de problèmes de santé courants.

Concrètement, quel est le sens de cette pratique?   

Prenons l’exemple de la Montérégie-Ouest. Dans ce Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS), sauf exception, les infirmières de première ligne en position de le faire ont entrepris les démarches d’obtention d’un permis de prescription et sont actives dans leur pratique de prescription (secteurs : 0-5 ans, 6-17 ans, services courants, soins à domicile, Groupe de médecine familiale (GMF)). Selon le bilan de l’année 2017-2018, les infirmières en CLSC ont émis plus de 1700 prescriptions, et les prévisions pour l’année 2018-2019 se situent autour de 2300. En d’autres termes, les infirmières en CLSC de ce territoire émettent environ 180 prescriptions par mois. Ces données ne tenant pas compte des prescriptions émises par les infirmières des GMF, ce chiffre s’élèverait sans doute à plus de 200 prescriptions par mois.

Derrière ces prescriptions se trouvent autant d’usagers qui n’ont pas été redirigés vers un médecin ou une infirmière spécialisée en soins de première ligne (IPSPL), un membre de la profession infirmière ayant répondu à leur besoin.

Voici trois exemples.

1. Les infirmières effectuant des suivis de plaies n’attendent plus une prescription médicale lorsqu’elles déterminent que le traitement doit être modifié. Cela supprime les délais d’attente pour l’usager et favorise un traitement optimal et plus rapide de sa plaie.

2. Une infirmière œuvrant en école secondaire explique la contraception, mais peut aussi la renouveler. Si tout va bien, elle suit la jeune fille tout au long de son secondaire lui évitant de consulter un médecin pour obtenir une prescription de renouvellement.

3. Les infirmières travaillant avec la clientèle des programmes des services intégrés en périnatalité et pour la petite enfance (SIPPE) soutiennent les familles afin de favoriser le développement optimal des enfants et de maximiser le potentiel de santé dès la grossesse. Grâce à la prescription, ces infirmières interviennent pendant leurs visites à domicile dans le règlement des différents problèmes de santé publique et courants dans la famille. Entre autres, elles prescrivent la contraception aux jeunes mères, la plupart des médicaments en cessation tabagique pour les parents fumeurs, le traitement de la pédiculose, les suppléments vitaminiques et d’acide folique pour les femmes enceintes, certains médicaments pour le traitement des nausées et vomissements chez la femme enceinte et, pour celles qui allaitent, un médicament pour le traitement de l’infection fongique (candida) de la maman et du bébé.

Ces trois exemples illustrent bien l’influence concrète des infirmières prescriptrices sur un meilleur accès aux soins de santé pour la population de ce CISSS, et ce, plus de 200 fois par mois.

Aujourd'hui, quelle est la situation?

Plus lent aujourd’hui, le déploiement de la prescription infirmière est encore en progression, notamment dans le domaine de la cessation tabagique. Pour poursuivre avec l’exemple de la Montérégie-Ouest, la Direction des soins infirmiers de ce CISSS soutient toujours activement cette nouvelle pratique en offrant des formations dans divers domaines de prescription. Ces formations ont été créées, mises à jour et données par des infirmières prescriptrices expertes : IPSPL, stomothérapeute et consultante en centre d’abandon du tabagisme. Le travail  considérable des infirmières prescriptrices de tous les secteurs est la source d’une grande fierté et rappelle l’influence positive des infirmières en pleine possession de leur champ de pratique sur le système de santé.

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