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TENDANCES INFIRMIÈRES

TENDANCES INFIRMIÈRES

Pendant mes études au baccalauréat, l’idée d’obtenir la maîtrise m’a traversé l’esprit à plusieurs reprises, mais ce n’était pas une certitude. J’ai su que je voulais devenir IPSPL en travaillant dans le nord du Québec avec les populations autochtones. Le fait de pratiquer ma profession en région éloignée m’a donné une soif d’autonomie et d’apprentissage. Je faisais plus qu’appliquer des décisions médicales, je participais activement aux décisions et mon opinion avait de la valeur. À ce moment, j’ai compris la vraie valeur de la collaboration interdisciplinaire : nous devions mettre tous nos efforts en commun pour le bien du patient. J’ai toujours adoré ma profession, mais j’ai compris que je pouvais en faire plus pour le Québec, encore plus pour notre magnifique travail et, surtout, que j’avais les compétences nécessaires. L’accessibilité aux soins n’est pas une chose acquise et facile pour tous les Québécois. J’avais la certitude qu’avec ma maîtrise en poche, je  collaborerais à la qualité des soins. Avec de l’autonomie, mon expertise, du leadership, mes compétences acquises et le diplôme d’IPSPL, je pourrais certainement moduler une pratique à mon image et apporter un plus. C’est alors qu’a commencé la folle aventure de la maîtrise en soins de première ligne! Je dis « folle  » parce qu’il faut l’être un peu pour abandonner son confort professionnel et personnel pour retourner sur les bancs d’école. Pourtant, c’est la meilleure décision de ma vie! Je confonds peut-être l'inconscience et la détermination, même si elles sont parfois intimement liées.

Comme toute nouvelle étudiante naïve, j’avais de beaux idéaux et ma motivation était au maximum. Cependant, en commençant les cours théoriques, je me rends compte que le chemin n’est pas tracé et la collaboration de toutes et tous est nécessaire afin de bâtir l’image de l’IPSPL au Québec. Cela m’amène à parler de l’image de la profession d’infirmière praticienne et de leadership. Récemment, j’ai assisté à une conférence sur le leadership donné par Luc Mathieu, président de l’OIIQ, et cela m’a ouvert les yeux sur notre profession. Lorsque les patients parlent des infirmières (peu importe leur niveau), ils les décrivent souvent comme gentilles, douces, attentionnées et empathiques, qualités flatteuses, mais qualités humaines et non propres à l’infirmière. J’ai longtemps aimé recevoir ces compliments… Par contre, comme infirmière je suis bien plus que ça : je suis compétente, intelligente et j’ai de l’expertise!

Comment le leadership est-il défini dans notre pratique? Selon moi, il ne consiste pas seulement à prendre des initiatives pour améliorer la pratique, mais aussi à sortir des sentiers battus, à innover positivement et à influencer les autres à faire de même. Je pense qu’actuellement, nous devons rebâtir l’image de notre profession et renseigner la population sur notre rôle. Avec l’évolution de la profession, les mentalités doivent changer. Nous devons éduquer la population sur l’intérêt de se faire suivre par une IPS et sur la collaboration entre celle-ci et le médecin pour couvrir les éléments hors de notre champ de pratique. Les soins admis par l’IPSPL sont basés sur les derniers résultats probants et les dernières lignes directrices. Ils sont administrés avec compétence et diligence après sept ans d’études dans le domaine. À présent, l’image de notre profession est en jeu, il est temps de travailler toutes et tous ensemble. Nous devons penser et agir collectivement afin de bâtir l’image de la profession d’IPS au Québec et cesser de penser à nos gains individuels. Faisons preuve de leadership collectif et bâtissons une profession à l’image des valeurs et des compétences de la pratique. Déconstruisons les pensées collectives pour mieux les rebâtir et travaillons ensemble afin d’améliorer l’accessibilité aux soins de la population québécoise.

Catherine Côté
Inf. B. SC., ét. M. SC. 

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