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TENDANCES INFIRMIÈRES

TENDANCES INFIRMIÈRES

Sara Devost, infirmière clinicienne à l’Étoile, centre de pédiatrie sociale en communauté du Haut-Richelieu

En septembre 2020, après un congé de maternité et une réflexion sur le besoin d’un nouveau défi professionnel, j’ai eu la chance d’obtenir un poste d’infirmière clinicienne en pédiatrie sociale. Au cours de ma carrière, j’ai principalement travaillé en pédiatrie à l’unité d’hématologie-oncologie du CHU Sainte-Justine, en milieu scolaire et suivi en petite-enfance/post-natal. J’ai aussi une expérience avec la clientèle adulte dans différents milieux. Après de longues années et une bonne pratique des postes diversifiés dans le réseau public, mes intérêts professionnels convergeaient davantage vers la santé communautaire afin de jongler entre l’autonomie professionnelle et les soins de proximité.

Initialement, la pédiatrie sociale a été fondée sur un modèle alliant la médecine et le travail social. Au fil du temps, plusieurs autres champs d’expertise se sont ajoutés, rendant l’approche plus riche. En pédiatrie sociale, l’infirmière ou l’infirmier intervient auprès des familles et de leurs enfants afin d’assurer à ces derniers le développement et le bien-être optimaux dans le respect de leurs droits et intérêts. Ultimement, toutes les interventions visent au respect des sept grands principes des droits de l’enfant, sur lequel reposent les balises de la pédiatrie sociale. De plus, le personnel infirmier collabore avec la famille, tout autre adulte significatif autour de la vie de l’enfant et avec celui-ci, suivant un objectif commun : répondre à ses besoins en misant sur ses forces et sur celles de la communauté. Le personnel travaille en interdisciplinarité avec l’adjointe clinique et le médecin, de même qu’avec l’équipe de suivi-accompagnement du centre de pédiatrie sociale en communauté (CPSC). La présence d’une infirmière ou d’un infirmier dans un CPSC est importante, car elle constitue la porte d’entrée et assure une continuité de services et de soins médicaux à la clientèle.

Dans mon rôle d’infirmière en CPSC, l’un des avantages est de pouvoir facilement appliquer plusieurs actes réservés au contexte de la pédiatrie sociale. De plus, le champ d’exercice est assez large, ce qui laisse place à beaucoup d’autonomie professionnelle. Aussi, en ayant une certaine expérience de la santé communautaire dans le réseau public, j’essaie d’effectuer un travail de partenariat avec les différents acteurs afin de faciliter la communication et, ainsi, contribuer à une meilleure prise en charge de l’enfant et sa famille. Plusieurs difficultés nuisent parfois à la fluidité de nos interventions. La surcharge de travail et le manque de personnel dans le réseau entraînent des délais importants dans les demandes de services et retardent la prise en charge des cas plus urgents. Malheureusement, devant l’incompréhension des comportements d’un enfant, le réflexe premier de la communauté est souvent de poser un diagnostic dans la recherche de solutions pour l’aider. Une part importante de mon travail est de conscientiser le parent à son rôle central dans le développement de son enfant et de l’aider à trouver des moyens pour améliorer la situation. En ce sens, l’empowerment est un outil indispensable en pédiatrie sociale, car il permet d’effectuer une certaine prise de conscience de la part des parents et d’assurer le respect de l’autonomie de la personne et de ses décisions.

La pédiatrie sociale devrait être une référence en suivi pédiatrique, car son approche très différente de celle offerte dans le reste du réseau est axée sur les forces de l’enfant, de sa famille et de sa communauté. Leur accompagnement tout au long des étapes de leur vie est un réel privilège et l’infirmière ou l’infirmier joue un rôle clé dans la prévention et la promotion de la santé. Grâce à cet article, j’espère avoir sensibilisé quelques collègues à la pratique en santé communautaire, selon moi, l’un des plus beaux rôles infirmiers.

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